J’voudrais pas dire, mais ca me file la banane: De me baigner dans une chute d’eau gigantesque et d’aller parler le langage des signes avec un petit laotien, de comprendre qu’il s’appelle Mou, qu’il a 10 ans, de jouer avec lui dans l’eau et de reussir a le faire chanter. De dire a un sale bonhomme americain superieur, qui pretend que tout est permis le jour de son anniversaire “meme porter d’affreuses lunettes de soleil a verres roses”. Oui, oui, je sais dire tout ca en anglais. Et puis avec un grand sourire, ca passe tout seul. Non mais. De rester allongee un jour et une nuit parce que je n’ai ni assez dormi, ni assez mange la veille pour cause de voyage en bus de nuit. Ce sont ces moments de faiblesse qui font que j’apprecie d’autant plus les suivants. La preuve le lendemain: j’avais une telle energie, c’etait fou rire sur fou rire. De lire tous vos messages, et de voir qu’a chaque fois que j’ouvre ma boite mail, je recois des compliments, et de vos nouvelles. Merci, merci, merci, vous etes top ! De tomber sur un beau touriste bronze de mon age avec juste une serviette autour des hanches, desoriente, demandant au beau milieu de l’accueil de la guest house “Do you know where the shower is ?” De profiter d’un soleil de tous les instants et de savoir qu’a mon retour si on me traite de blonde, ce sera pour de vraies raisons. De tomber dans l’eau d’un ruisseau toute habillee, sac sur le dos (previsible) et de me reveler instantanement. Avec le sourire. Si, si.
Au risque de me repeter, la liste des moments sympas pourrait etre tres longue… Hier, c’etait la fin de mon petit voyage au Laos. Une grosse dizaine de jours passee dans differents endroits, tres varies. Les lieux qui ne me laisseront pas un souvenir imperissable: la capitale Vientiane (mais je pense qu’elle est en forte evolution –enormement de travaux dans les rues- et pourrait valoir le coup d’ici 3 a 5 ans), la ville etape de Pakbeng au Nord, passage oblige des touristes voyageant en slow boat sur le Mekong (village un peu pourri par les touristes justement), le centre du petit village de Vang Vieng qui concentre un nombre de bars restaurants ou on peut regarder la TV vautre sur un canapé –chacun le sien). Par contre, la campagne environnante autour de Vang Vieng est superbe. Cascade, petits chemins de traverse, montagnes, cela vaut le detour. Tout comme a Pakse; bien plus au Sud, je n’ai pas ete epoustouflee par ce village fantome (j’y suis arrivee en bus a 6 heures du matin et c’etait le desert le plus total), par contre c’est super joli dans les alentours. Les deux endroits valant vraiment le detour: Luang Prabang sans conteste. Ville-village super agreable. Et puis, tout au Sud, l’endroit baptise 4000 Islands. J’y etais hier encore, sur la minuscule ile de Don Tet. Des bungalows, des hamacs, des velos, des chemins de terre, poules, chats, cochons, une cascade, des ilots de verdure… Un petit paradis pour se relaxer. J’y ai passé deux jours, pas plus, j’avais besoin d’action ! Mardi soir, j’ai donc decide de mettre le cap sur la Thailande le lendemain et il faut croire que j’ai eu du flair: la nuit a ete diluvienne. Il a plu comme je n’avais jamais vu ca avant. Il pleuvait meme sur le lit du bungalow, bref, j’ai bien fait de decoller mercredi matin. Sur la longue pirogue me ramenant sur la terre ferme, seule avec le conducteur du bateau, j’avais une impression de fin du monde après cette nuit tres pluvieuse. Hier soir mercredi, je suis donc arrive a Ubon Ratchathani ou je suis aujourd’hui. A nouveau la Thailande. Maintenant, je connais et les chauffeurs de tuk-tuk sont decus, ils ne me la font plus… “150 Baths to go to the city center ?” Quoi, quoi, quoi ? Ben oui, maintenant, je saute dans le songtaew (grand tuk-tuk public) et paye 10 Bahts pour le centre d’Ubon… Rebelote ce matin, je cherchais desesperement le bus numero 2 qui devait me ramener de la gare en centre ville, pas un bus en vue. Les chauffeurs de tuk-tuk me sont tombes sur le rade. Quand ils ont vu que je connaissais, ils m’ont indique le fameux bus numero 2: en fait un espece de truck ouvert a l’arriere… Demain, je saurais donc quel vehicule emprunter pour me rendre a la gare (A moins que comme ce matin, une jeune thailandaise s’arrete sur le bord de la route et ne me prenne sur son velomoteur). J’ai achete mon billet et prendrai le train couchette de 18h30 demain soir. Tres tot samedi matin, je serai a Bangkok, passage oblige pour les plages du Sud. |