Du mardi 10 avril au vendredi 20 avril: Les Balinais sont des gens heureux.
“Culture and communication build a nation”. C’est ecrit ici sur plusieurs panneaux et c’est bien vrai. Il y aurait tant a apprendre des Balinais en matiere de communication. J’arrive a Kuta la ville du sud de l’ile, LA plage de Bali a quelques kilometres de l’aeroport et la, je decouvre ce que c’est que d’etre sollicitee en tant que touriste. “Transport, transport?” crient-ils en mimant le geste de tourner un volant ou tenir un guidon. Pour les femmes, c’est plutot “massage, massage?” ou variante “manicure?” Et ce, toutes les minutes. Apres une journee de refus souriants, je suis epuisee. Et puis, en arrivant a Padangbai, petit village de pecheurs, j’aime: les Balinais me sollicitent de toutes parts, mais c’est l’occasion d’echanges, de discussions avec eux. Petit port d’embarcation pour l’ile de Lombok, je pensais y passer une nuit, j’y suis restee 4 jours ! Pourquoi ? Parce qu’ici, ils communiquent normalement, comme on devrait le faire en Europe. Tout le monde se parle, personne n’est dans sa bulle, s’evertuant a eviter le regard de l’autre. Bien au contraire. Et surtout, surtout, l’atout majeur des Balinais: le sourire. Ca parait evident. Mais ici, j’ai vraiment decouvert le pouvoir du sourire. C’est leur force. J’ai fait un test dans un bus en scrutant chacun des visages de la rue, sur tous un big smile ! En plus, ca les rend vraiment charmants. Oui, le sourire rend beau. Definitivement ! Et jeune en plus ! Combien de Wayan, Kadek, Komang… ai-je pu rencontrer avec le sourire aux levres ! Parce qu’ici, ce qui est tres drole, le choix des prenoms –que ce soit pour les 2 sexes- se fait en fonction de l’ordre de naissance. Wayan, Putu pour les 1er, Made ou Kadek pour les 2e, Nyoman ou Komang et enfin Ketut puis ca recommence pour le 5e. Mais chacun a un surnom qui le definit: Poglo pour celui qui etait sans cheveux et dodu etant petit, Lucky pour le tout-sourire (encore plus que les autres), Joker pour le malicieux, Dodol pour celui qui a la peau plus foncee… C’est plus simple, surtout pour appeler les 100 danseurs avant d’entrer en scene pour savoir s’ils sont au complet! En effet, a Ubud, village culturel et capitale artistique de Bali, j’ai assiste a un spectacle de kecak, qui est un type de danse, ou le choeur d’hommes emettent un “chak-a-chak-a-chak” caracteristique. L’art fait vraiment partie de la vie des Balinais. Meme les ceremonies religieuses (j’ai pu assister a l’une d’entre elles, la condition etait de porter mon pareo en sarong – et une locale m’a pretee une belle ceinture doree) sont l’occasion de spectacles de chant et danse. Je crois que Bali est pour l’instant, le pays le plus fort en emotions, que j’aie pu visiter. J’ai vraiment ete touchee par la gentillesse des Balinais. Ils sont reellement attachants. A Ubud, je me suis arretee dans la rue, assise sur le pas d’une porte pour aider a traduire en anglais un mail qu’un Balinais avait recu et l’aider a rediger une reponse. Trois fois rien. Pourtant il fallait voir combien il etait reconnaissant. A Padangbai dans la rue, j’ai rencontre beaucoup de Balinais que j’ai revus le soir autour d’un verre. Autre chose, que j’ai realise en voyageant: les Francais ont vraiment mauvaise reputation! Raleurs (je pensais que c’etait un stereotype injustifie), arrogants (ca aussi, on me l’a sorti plus d’une fois en Allemagne, a coup de Napoleon, je trouvais cela exagere), surtout par rapport a leur langue. Nous serions vraiment fiers de notre langue, a tel point que nous refuserions de parler les autres. Evidemment que je suis fiere du francais. J’adore les mots, l’orthographe, l’etymologie. Mai bon, de la a ne pas faire d’efforts pour communiquer. Et puis en Indonesie (tout comme en Malaisie), merci est un si joli mot: terima kasih… Je ne mens pas en ecrivant que depuis 2 mois, il y a bien une douzaine de personnes, touristes et locaux, qui m’ont dit que je parlais vraiment bien anglais/allemand… pour une Francaise ! Ca attenue le compliment. Mais comme dirait l’autre, never mind ! Bref, Bali, c’est loin d’etre une banale ile tropicale. Sa culture, ses paysages, et surtout ses habitants la placent bien au-dessus. En 10 jours, j’ai eu l’occasion de voir un spectacle epoustouflant, de regarder les femmes offrir sans cesse leurs offrandes rituelles, d’etre eblouie par les rizieres, de me promener dans une luxuriance vegetale ponctuee de palmiers. J’ai meme eu l’occasion de me frotter les yeux emerveillee par la splendeur du lever de soleil sur le Mont Batur. Dans la nuit de mercredi a jeudi, j’avais rendez-vous a 2 heures pour me rendre au pied du volcan et entamer son ascension. Mon chauffeur me presente mon guide et c’est parti! Premiere randonne de nuit. Le guide prend un rythme que je m’empresse de suivre, trop fiere pour ralentir le pas. Resultat, nous arrivons la-haut les premiers, en moins d’une heure, sachant que le trajet moyen est de 2. Je degouline (eh oui, c’est ca de jouer les Speedy Gonzalez) et il fait 10 degres. Impossible de dormir donc en attendant un peu plus d’une heure que le soleil se leve. J’ai trop froid. Le comble après deux mois de voyage en Asie ! Mais après que quelques personnes arrivent, j’ai le privilege d’etre invitee au chaud dans la petite cuisine des locaux. Il n’est pas encore 6 heures, je suis entouree d’une petite dizaine de guides, l’ambiance est vraiment super. Quelques singes courent sur les cimes au-dessus de la nappe de nuages, et devant le soleil qui se leve. Le Guntung Batur est une montagne sacree, j’ai donc fait ma randonnee ceinte d’un ruban blanc autour de la taille.
Peut-etre partirai-je de nouveau en randonnee pour monter au sommet du Mont Agung, le plus haut de Bali ? Ou bien au programme: admirer les magnifiques couchers de soleil, les paysages verdoyants, ouvrir grand les yeux, flaner aux iles Gili, nager sur les vagues… En tous cas, il me reste encore une douzaine de jours. Et je compte bien en profiter !
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